Wait Till You See Him (De Phazz Remix) by Ella Fitzgerald on Grooveshark La démocratie vue par Platon et Polybe - Rpl Consortium Veritatis
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Ce blog a pour objet de permettre à tous de s'exprimer sur des sujets variés, touchant la politique, l'économie, la religion et plus généralement les problématiques sociales. Tout commentaire sera accepté s'il répond aux exigences de clarté et s'il fait preuve d'une architecture argumentative correcte.

Publié par Carbriand Jérôme sur

                                                                                                                               Par Jérôme Carbriand

 

On entend partout des références au grand Platon et à sa « République », mais a-t-on vraiment lu l'ouvrage ?
Le cas échéant, on ne saurait emmieller sans cesse les esprits crédules que la démocratie est le meilleur des régimes ou qu'à défaut « le moins pire ».
Outre les confusions qu'on peut trouver chez les « faiseurs d'opinions », qui parlent de démocratie pour dire République, ceux qui ont lu Platon ne peuvent soutenir la démocratie en cohérence.
Puisque cela reviendrait en premier lieu à comprendre la démocratie, pour ensuite la condamner. On pourrait ainsi s'interroger sur l'entendement de nos « élites », au demeurant censées étudier la
République de Platon et qui pourtant n'en comprennent aucun aspect.
Il ne peut y avoir que deux causes à ce paradoxe : d’une part d’une limitation intellectuelle, nous parlons bien entendu d'une intellectualité relative au sens commun, qui résulte de la capacité d'un homme à faire de quelconques liens causaux, et non d'intellectualité pure comme il est d'usage en ésotérisme. D’autre part qu’ils font preuve d'une extrême hypocrisie, et bien qu'il faille reconnaître que l'incompétence de nos élites est souvent liée à la première de nos explications, la tendance veut que l'hypocrisie ait gagné la plupart de nos dirigeants.
Cependant, notre but n'est pas de traiter des aspirations morales de l'oligarchie mais bien de vulgariser les analyses de Platon et Polybe sur le régime démocratique. Nous nous devons de rappeler le caractère antidémocratique de la France qui sous ses faux airs universalistes témoigne d'une main mise des oligarques sur toutes ses institutions.
Par le présent article nous répondons à tous les défenseurs de l'idéal démocratique, et sans doute à tous ceux qui font encore - malgré notre antérieure précision, la confusion entre démocratie et république. Il est vrai que nous avions dans un précédent billet expliqué en quoi la France n'était d'aucune sorte démocratique et pourquoi les médias entretenaient bien cette idée dans la conscience du peuple, mais peut-être ajouterons-nous ici plus de détails à cette évidence.
Nous reconnaissons cependant que la liberté et l'égalité sont bien des émanations de la démocratie pure et nous traiterons de cela en premier lieu.


Que la démocratie rend à terme libres et égaux.

La démocratie entendue dans son acceptation la plus vraie, est un régime composé de citoyens libres et égaux en droit.
Mais avant cette liberté, ils doivent renverser le régime qui précède sous une forme proprement révolutionnaire, ainsi ces derniers sauront agir par le vote sur tous les sujets qu'ils veulent. Les postes importants qui ne peuvent être constamment discutés, seront pourvus par des citoyens tirés au sort, et employés durant des mandats très courts, quelques mois, une année tout au plus. Il ne peut donc n'y avoir à priori aucune prise de pouvoir intempestive.

Ainsi que l'expose justement Platon « la démocratie apparaît lorsque les pauvres, ayant emporté la victoire sur les riches, massacrent les uns, bannissent les autres, et partagent également avec ceux qui restent le gouvernement et les charges publiques ; et le plus souvent ces charges sont tirées au sort. »
Ce dernier ajoute qu' « en premier lieu, n'est-il pas vrai qu'ils sont libres, que la cité déborde de liberté et de franc-parler, et qu'on y a licence de faire tout ce qu'on veut ? Or il est clair que partout où règne cette licence chacun organise sa vie comme il lui plaît. »
On remarque ici deux choses ; d'une part la liberté d'expression dont nos républiques tirent quelques aspects, d'autre part l'individualisme qui en découle, puisque chacun à le droit d'organiser sa vie selon ses propres vues et son propre système.
Si bien que « dans cet État, on n'est pas contraint de commander si l'on en est capable, ni d'obéir si l'on ne veut pas, non plus que de faire la guerre quand les autres la font, ni de rester en paix quand les autres y restent [. ..] »
De ce fait les hommes peuvent bien faire un travail pour lequel ils ne sont point fait, ce qui crée déjà un problème de compétence et de désordre en amont, mais pour ce qui est de « rester en paix quand les autres font la guerre », c'est un bien grand pouvoir qu'offre ici la démocratie et qu'on retrouve au sein du système féodal. Mais si on retrouve ce même principe au Moyen-âge, il n'en est rien dans nos républiques, puisqu'on assiste avec la mobilisation générale, à la nécessité d'aller tous à la guerre lorsque nos représentants en jugent opportun.
S'il nous est permis cependant de préciser notre point de vu au sujet de la pseudo-liberté d'expression des républiques modernes, nous dirons que le réel étant composé du physique et du métaphysique, cette dernière manifestation relève de possibilités infinies et d'une compréhension allant de pair avec cette indéfinité.
Or à l'évidence seul l'aspect sensible est compris par le peuple, qui juge mal ceux dont l'esprit raisonne plus largement, et dont l'herméneutique aboutie comme nous le faisons ici à des conclusions contraires aux idéaux affichés par les gouvernants.
On peut bien être égaux en droit, il n'en démord pas qu'il ne peut y avoir d'égalité spirituelle et physique, au moins dans un premier temps, car le monde moderne a véritablement sapé ces différences ; ceci en instaurant un nouveau type d'hommes – le métis – et en détruisant toutes formes de spiritualité.

En définitive, il ne serait pas difficile à tous ceux qui n'entendent point les choses comme nous le faisons, d'exercer une pression sociale, juridique et financière en maniant bien la jurisprudence pour faire taire les dissidents, et tous ceux qui dérangent les bases du pouvoir, donc les bases du régime démocratique.
Seulement la démocratie omet ici une chose, c'est que ses fondements sont faits de liberté et l'égalité, et qu'en cohérence si tous les avis qui ne tombent pas sous le sens sont tenus soit pour inexistant soit pour dangereux envers celle-ci et qu’elle s'attache à annihiler tout ce qui diverge, elle s'autodétruira à l'occasion, puisqu'au nom même de ses fondements elle les transgressera.

Que cette idéale n'est pas souhaitable.

Comme nous venons de souligner le paradoxe le plus évident de la démocratie, nous montrerons ici pourquoi ses idéaux si chers ne sont dans les faits aucunement souhaitables.
Qui y a-t-il du reste comme meilleure introduction aux méfaits de la démocratie qu'un passage plein de bon sens d'Alexis de Tocqueville ?

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? »
Tocqueville,
De la démocratie en Amérique, 1840, Ed. Gallimard, 1968

Si le philosophe est assez précis sur les dérives tutélaires du système démocratique, il n'est peut-être pas assez évident au lecteur que Tocqueville entend montrer ici en quoi l'homme ne cherche ni la liberté ni l'autocontrôle, mais principalement les petits plaisirs, la facilité, la sécurité et le bonheur.
Celui-ci n'est d'ailleurs qu'une illusion, puisque le système proprement anti-traditionnel de la démocratie empêche tout individu d'accéder à ce bonheur, ce vrai bonheur que peut être l'état d'ataraxie. Au contraire, ce système qui concourt au renversement de la tradition, incite l'homme à acquitter ses désirs obsessionnels par l'intermédiaire de multiples formes de consommation matérielles.
Aussi Platon, disciple de Socrate, sait que la prétention démocrate a jugé de ce qui est supérieur abouti souvent à des décisions profondément mauvaises - a capite ad calcem - , tel le jugement à mort de Socrate. Ce qui lui fait dire :
" Mais n'est-ce pas le désir insatiable de ce que la démocratie regarde comme son bien qui perd cette dernière ? La liberté ? En effet, dans une cité démocratique, tu entendras dire que c'est le plus beau de tous les biens, ce pourquoi un homme né libre ne saurait habiter ailleurs que dans cette cité. (. ..) Lorsqu'une cité démocratique, altérée de liberté, trouve dans ses chefs de mauvais échansons, elle s'enivre de ce vin pur au-delà de toute décence ; alors, si ceux qui la gouvernent, ne se montrent pas tout à fait dociles et ne lui font pas large mesure de liberté, elle les châtie, les accusant d'être des criminels et des oligarques. Et ceux qui obéissent aux magistrats, elle les bafoue et les traite d'hommes serviles et sans caractère. Par contre, elle loue et honore, dans le privé comme en public, les gouvernants qui ont l'air d'être gouvernés et les gouvernés qui prennent l'air d'être gouvernants. N'est-il pas inévitable que dans une pareille citée l'esprit de liberté s'étende à tout ? Qu'il pénètre dans l'intérieur des familles, et qu'à la fin, l'anarchie gagne jusqu'aux animaux ? Que le père s'accoutume à traiter son fils comme son égal et à redouter ses enfants, que le fils s'égale à son père et n'a ni respect ni crainte pour ses parents, parce qu'il veut être libre, que le métèque devient l'égal du citoyen, le citoyen du métèque, et l'étranger pareillement. (. ..)Or, vois-tu le résultat de tous ces abus accumulés ? Conçois-tu bien qu'ils rendent l'âme des citoyens tellement ombrageuse qu'à la moindre apparence de contrainte ceux-ci s'indignent et se révoltent ? Et ils en viennent à la fin, tu le sais, à ne plus s'inquiéter des lois écrites, afin de n'avoir absolument aucun maître. Eh bien ! C'est ce gouvernement si beau et si juvénile qui donne naissance à la tyrannie. (. ..) Ainsi, l'excès de liberté doit aboutir à un excès de servitude, et dans l'individu, et dans l'État. "
Ainsi, la logique du renversement veut qu'en dernier lieu, l'ordre fasse place au désordre comme caractéristique sensible de la dissolution. On peut également remarque ici le rapprochement entre l'égalitarisme communiste et le libéralisme libertarien ou libertarianisme, puisque ces deux optiques aboutissent ensemble à l'anarchie faisant œuvre de transition entre la démocratie et la tyrannie.
Bien qu'il ne soit pas question ici de montrer les liens étroits entre ces doctrines, il nous plaît toutefois de souligner au lecteur que même en économie J. K. Galbraith a aisément montré à quel point les deux systèmes pouvaient être proches, tant au niveau de la planification des entreprises - qui face aux incertitudes du marché, en viennent, de concentration en concentration à le supprimer - qu'au niveau de la manipulation de la demande, laquelle analogiquement à la théorie de la filière inversée, ne sont issues que des entreprises au travers de la publicité et de la création de besoins artificiels. Ces vaines recherches participent au phénomène qui caractérise l'entrée de la démocratie à la tyrannie ; c'est l'asservissement matériel et l'avilissement de l'homme, dont le corps et l'esprit accumulent un pourrissement tant physique que métaphysique.
Il est d'autre part évident que le passage vers cette tyrannie, ne pourra être autre chose qu'un bellum omnium contra omnes,  c'est à dire un massacre à l'horizontale sous-forme de guerre civile n'ayant de cause qu'une maligne manigance oligarque. C'est concrètement l'aboutissement au nouvel ordre mondial, dont certains se félicitent, mais qu'il nous appartient de maudire.

Nous notons au surplus que la démocratie est sujette à de fortes instabilités, en rappelant ce qui a perdu la société athénienne de l'époque démocratique ; comme ceux qui allaient voter n'étaient que des hommes qui jugeaient bon de donner leurs avis selon leurs intérêts, il s'est avéré que l'armée Athénienne, principalement constituée de marins, a fini engagée dans une expédition jusqu'à Syracuse, qui leurs a value une lourde déconfiture. En même temps que les Spartiates, dotés d'une force maritime - certes moins importante que les Athéniens mais - conjoncturellement supérieure au vu de la défaite d'alors, après un long siège de dix ans, finissaient par traverser les défenses Athénienne pour mettre fin à la démocratie du moment.


 

La démocratie comme apogée de la dégénérescence politique selon Polybe et Platon.

Conformément au point de vue cyclique des anciens, Platon et Polybe partagaient une vision équivalente des régimes politiques, ils n'admettaient pas qu'il y ait des évolutions, mais une accumulation de dégénérescences.
Pour commencer cette dernière partie, et comme nous n'avons jusqu'ici parlé que de Platon, l'avis de Polybe sera exposé de prime abord ; nous parlerons des vues de cet historien Grec natif de Mégalopolis, le chef-lieu d'Arcadie où l'empereur Aristocrate fut renversé. Il passa la majeure partie de sa vie comme otage romain, avec lesquels il participa même à la chute définitive de Carthage, derrière son ami Scipion Émilien dit « le second africain », un descendant de la gens Aemilia, issue de Mamerkos fils de Pythagore.
Notre bon Polybe avait cette aura qui le faisait s'entouré d'amis au sang noble.
Il développe ainsi la théorie de l'anacyclose, d'un terme d'astrologue décrivant un retour cyclique des différentes sphères célestes dans leur exacte position initiale.

Selon ses vues, la monarchie - dans sa forme pure, c'est-à-dire dirigée par un despote éclairé – doit dégénérer en tyrannie qui est sa forme dérivée ou impure. Il nous vient d'ailleurs à ce sujet une phrase de Montesquieu qu'on ne saurait trop redire : « Quand il serait inutile que les sujets eussent une religion, il ne le serait pas que les princes en eussent, et qu'ils blanchissent d'écume le seul frein que ceux qui ne craignent point les lois humaines puissent avoir. Un prince qui aime la Religion et qui la craint, est un lion qui cède à la main qui le flatte ou à la voix qui l'apaise ; celui qui craint la Religion et qui la hait, est comme les bêtes sauvages qui mordent la chaîne qui les empêche de se jeter sur ceux qui passent ; celui qui n'a point du tout de Religion, est cet animal terrible que ne sent sa liberté que lorsqu'il déchire et qu'il dévore. » Ce faisant, il nous paraît que la tyrannie d'un prince pourrait bien trouver dans son manque de ferveur à Dieu une explication assez cohérente, les premiers tyrans furent de ceux, qui dans un élan d'humanisme se sont perçus comme une finalité suprême et de ce fait supérieur aux lois divines.
On peut nonobstant voir là quelque paradoxe à notre démonstration que la tyrannie de Platon et celle de Polybe ne se trouvent pas aux mêmes endroits, et que celle de Platon arrive à la fin de la démocratie alors que Polybe la situe après la monarchie. Il faut voir dans ces expressions un rapport direct, car si la première n'est que la loi du plus fort partagée par un seul homme – quoi qu'il nous vienne à l'idée que c'est impossible et qu'il faut obligatoirement que cet homme soit au moins soutenu par une élite – la tyrannie de Platon en est équivalente puisque cette loi du plus fort est maintenant exercée par tous les hommes entre eux sous une forme anarchiquement constituée d'un ensemble de petits tyrans dont il est possible de trouver quelques allusions chez Étienne de La Boétie dans son
Discours sur la servitude volontaire ou à travers l'exemple de la Nomenklatura Soviétique.
Il est même possible, selon le type de révolutions que la tyrannie de Platon puisse être imputée à la domination d'une oligarchie concentrant à elle seule tous les pouvoirs, et qu'ainsi rien ne la différencie de celle énoncée par Polybe. ( Platon situe la tyrannie, là où Polybe parle d'Ochlocratie, mais nous expliquerons ceci plus après.)
Par la suite, l'élite se révolte alors pour établir une aristocratie (forme pure) qui se dégrade pour devenir une oligarchie (forme dérivée). Et enfin le peuple se révolte une nouvelle foi pour fonder une démocratie (forme pure) qui entre en décadence ; l'ochlocratie (forme dérivée).
Ce dernier terme signifie le gouvernement de la foule, la masse, la vulgarité, et bien entendu, la médiocrité. Les Grecs faisaient une différence entre l'ochlos et le démos, la dernière lui étant supérieure car constituée d'homme ayant de bonnes mœurs et du bon sens, mais y a-t-il véritablement une différence en ce que la masse populaire soit plus apte à juger que la foule ? C'est pour nous une demi-mesure que de différencier deux groupes qui n'ont en fait aucune compétence pour juger de rien du tout, et qui n'instituent rien d'autre - partout et toujours - que le règne de la quantité.
Il semble en définitive que la tyrannie de Platon, celle de Polybe et l'ochlocratie soit une seule et même chose, et que ces régimes constituent ensemble un point critique, celui de la bestialité proprement inhumaine qui nivelle le monde, comme transition anarchique où aucune lois n'est prise en compte et encore moins celles de Dieu.
Concernant nos auteurs, si Polybe n'est pas excessivement connu, Platon se veut au contraire une référence, c'est en cela qu'il est important d'accorder ici une place considérable à ses thèses puisqu'elles reflètent la doctrine traditionnelle. On peut même dire que son oeuvre fait retentir un certain écho dans les esprits modernes – du moins ceux qui font encore quelques réflexions solitaires. Nous pourrions donc juger de l'intérêt qu'il y a à montrer aux démocrates ce que pense vraiment cet homme qu'ils considèrent tant, et quel ouvrage a-t-il mis lorsqu'il s'est agi de détruire cette « constitution » chérie qui fonde la plupart des espoirs modernes.
Comme il est souvent le cas dans les méthodes traditionnelles de raisonner sans cesse selon un principe de justice, on ne saurait s'étonner que Platon ait pris celle-ci comme point de départ lorsqu'il s'est assigné la recherche d'une constitution parfaite pour l'homme.
Elle est en premier lieu, une monarchie ; celle des philosophes rois en laquelle tout est commun (femmes, enfants, éducation, moyens de défense), - on s'abstiendra cependant d'y voir un quelconque rapport avec le communisme dégénéré et profane. La spécificité de ce régime est donc que le pouvoir et la sagesse sont réunis en une seule main.
Puisque nous parlons des « philosophes rois » il est important de bien comprendre la signification de « philosophe » ou « Philosophie » il est pour se faire utile d'en définir au préalable linguistiquement les contours ; son acceptation française est « amour de la sagesse » ou « désirer savoir », mais on en aura une meilleure compréhension en se reportant à celui qui a le premier fait usage de ce terme, nous parlons de Pythagore. Si certains athées ont pu se dire philosophe, nuls doutes que ce soit d'une manière toutes différente qu'elle fut conçue par les pythagoriciens, étant une méthode traditionnelle - propre aux Grecs - d'accession à la spiritualité, elle n'a plus rien à voir avec la philosophie moderne.
Pythagore est de ceux qui voyaient dans les chiffres un caractère divin, et qui par l'étude des mathématiques cherchaient à se rapprocher de Dieu, comme certains l'on fait avec les calculs infinitésimaux - lesquelles représentent l'indéfini propre à Dieu.
Pour finir la typologie successive des régimes selon Platon, les quatre autres constitutions  imparfaites se suivent ainsi ;

( elles sont classées ici par ordre décroissant )
 La Timocratie (fondée sur l'honneur)
 L'Oligarchie (fondée sur l'appétit des richesses)
 La Démocratie (fondée sur l'égalité des riches et des pauvres)
 Et enfin la Tyrannie (fondée sur le désir, négation même de le politique car absence de loi)

 

Ainsi donc, la connaissance traditionnelle révélée par les anciens a forcément dû articuler la pensée des antiques. Considérant le caractère cyclique de ses théories, il est évident que seule la mentalité traditionnelle de l'époque a pu permettre la constitution d'un catalyseur à même de porter en son sein de telles idées.
En effet, les cycles sont spécifiquement traditionnels, c'est le mythe de l'éternel retour  à tout les échelons, où la tyrannie doit disparaitre après la restauration de la monarchie.

 Cette optique est aussi reprise par la théogonie d'Hésiode, qui voit les âges se succéder selon ; l'âge d'or, l'âge d'argent, l'âge d'airain et l'âge de fer. , ceux-ci sont partagés également par les doctrines hindoues au travers du Dvâpara Yuga, du Trétâ Yuga, du Krita Yuga et du Kali Yuga.
Bien évidemment ces cycles sont sensiblement plus longs et englobent toute l'histoire de l'homme, tandis que nos théories politique sont propres au dernier des âges. Mais l'anacyclose témoigne de la dégénérescence inhérente à l'âge de fer, et montre au moins les tendances historiques pendant lesquels tel ou tel type de régime s'est développé.

Il montre également en quoi la démocratie apparait comme le plus dégénéré des régimes politique, et prouve ainsi à quel point notre temps doit correspondre au dernier, puisqu'il à vu naître en son sein des régimes aussi paradoxales et sentimentalistes que la Démocratie et ses dérivés.


 

La démocratie, c'est l'oppression du peuple par le peuple pour le peuple

Oscar Wilde

La démocratie vue par Platon et Polybe

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“Une crise n’est pas nécessairement une catastrophe. C’est avant tout l’instant critique où la décision devient non seulement possible, mais aussi nécessaire. René Guénon”

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