Wait Till You See Him (De Phazz Remix) by Ella Fitzgerald on Grooveshark La fin des paysans - Rpl Consortium Veritatis
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Ce blog a pour objet de permettre à tous de s'exprimer sur des sujets variés, touchant la politique, l'économie, la religion et plus généralement les problématiques sociales. Tout commentaire sera accepté s'il répond aux exigences de clarté et s'il fait preuve d'une architecture argumentative correcte.

Publié par Jérôme Carbriand sur

 La terre, le travail et le temps.

                              

 Henri Mendras est un sociologue célèbre dans les écoles pour sa “toupie” à travers laquelle il a désigné l’uniformité de la société post “trente glorieuses”, celle ci s’érigeait en une classe moyenne proéminente. Il a également étudié dans plusieurs ouvrages le cas des paysans et du monde traditionnel Français, qu’il voyait non sans regrets disparaître au profit de la mondialisation. Ainsi "la France avait vu disparaître une civilisation millénaire, constitutive d'elle-même, depuis les années cinquante la paysannerie, en tant que mode de vie, avait complètement disparu, ne laissant dans la campagne française que des agriculteurs-producteurs obéissants aux règles du marché et de la technique". C’est donc inspiré d’un chapitre du livre “la fin des paysans” que nous proposons ici au lecteur ce petit article.

 


 En réalité s’il est une personne plus à même de connaître une terre, ses particularités ainsi que ses plus infimes détails, c'est bien le paysan qui y a consacré sa vie. Dont les ancêtres mêmes y ont consacré la leur, héritiers d'un savoir impérissable et empirique.

Le paysan s'affirme comme possesseur d'une compétence difficilement remplaçable tel l’artisan pour qui chaque chaise ou bien chaque verre et chaque vase a sa conception propre, celle-ci issue d’un travail unique situé à l’opposé de la standardisation, le paysan est maître de son art. Ce fût hélas sans compter un besoin très moderne, celui de tout remettre en cause, de tout vendre et de tout acheter, en somme le besoin de faire du profit, rendu alors possible par les méthodes d'analyses scientifiques et universalistes qu'offre la chimie ou la biologie en vue d'étudier les potentialités de rendement d'une terre.

Le paysan sait d'autant plus qu'il est irremplaçable que les sciences modernes peine à être exacts, de même que la statistique suppose que tous les cas étudiés sont comparables sinon uniformes - chose qui permet de faire bien des liens de causalités -  en écartant toute notion qualitative, de même, la chimie et la biologie ignorent tous les micros-climats et les multiples qualités que les terres supposent.

Mendras soulève le fait que le paysan est lié à sa terre par un amour, si fort qu'il se veut comparable à celui qui est porté à la femme, et ce dans toutes les sociétés pré-modernes.

Mais qu'importe, l'agriculture a changé, en deux siècles à peine les innovations successives se sont chargées de rendre la terre plus productive (à quel prix cependant? La terre est presque morte à force de traitement chimique), s'attelant en même temps à remettre en cause toute l'organisation paysanne.

Il n'est d'ailleurs pas inutile que Mendras s'attarde sur la notion de temps qu'il affirme être aussi qualitative que quantitative  "le principal instrument de mesure du temps était le calendrier qui fixait les dates essentielles de la vie agricole et la vie religieuse, le plus souvent confondues", "ses parties ne sont pas indéfiniment divisibles en unités équivalentes".

Somme toute, les semailles, la fenaison et la moisson sont faites à des moments différents chaque année.

Ce que tente d'expliquer Mendras est que le travail agricole est difficilement rationalisable, déjà puisque que le patron et l'ouvrier sont une seule et même personne, il doit effectuer une succession de tâche en une heure, mais ne peut pas diviser celle-ci. La solution pour rationaliser le travail agricole à donc était de supprimer les paysans, puisque rationalisation et paysan sont foncièrement à l’opposé, l’un ne peut pas exister avec l’autre, ainsi les grandes exploitations et la division des activités du secteur primaire ont peu à peu fait disparaître l'exploitation familiale polyproductrice, elle devra certainement à terme ne laisser qu'un travail mécanique, dénué de valeurs, de courage et surtout du sens de la terre.

 

La fin des paysans

Ce n'est pas au nom d'une lutte ouverte que les ennemis politiquement supérieurs chassent de leur terre les paysans et les journaliers allemands de l'Est ; ils ont le dessous face à une race inférieure à la suite d'un combat silencieux et morne de la vie économique quotidienne, ils quittent leur patrie et se préparent à plonger dans un avenir sombre.

Max Weber

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“Une crise n’est pas nécessairement une catastrophe. C’est avant tout l’instant critique où la décision devient non seulement possible, mais aussi nécessaire. René Guénon”

Rédigé par Carbriand Jérôme

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